Burkina Faso : une réforme pénitentiaire inspirée des valeurs africaines

Depuis quelques jours, le Burkina Faso du capitaine Ibrahim Traoré fait encore parler de lui à travers une réforme pénitentiaire. Au lieu de gaspiller des ressources pour entretenir des prisons surpeuplées, le ‘pays des hommes intègres’, sous le leadership de son président, vient de faire le choix de transformer les établissements correctionnels en centres de production agricole.

Plusieurs prisons civiles sont déjà entrées dans la nouvelle danse qui veut d’ici quelques années faire des établissements pénitentiaires, une véritable pépinière de talents agricoles.

« Désormais, nos prisonniers travailleront dans le secteur agricole, pendant que leurs peines seront réduites. Nos lois doivent refléter les valeurs africaines », disait il y a quelques jours le capitaine.

Pour le président burkinabè, la plupart des nations africaines utilisent encore les méthodes punitives et de réhabilitation coloniale auxquelles les esclaves africains étaient soumis par leurs maîtres coloniaux.

Il faut dire que cette réforme pénitentiaire est inspirée des valeurs africaines. En effet, en Afrique d’avant esclavage et colonisation, il n’y avait pas de prisons dans les empires et royaumes qui ont jalonné l’histoire. C’est ainsi notamment pour l’Egypte antique, l’empire du Ghana et l’empire du Mali et même les petites entités étatiques et communautaires. On ne savait donc pas ce qu’on appelle prison.

Au sein de l’empire du Mali par exemple qui était peuplé selon certains historiens par plus de 500 millions d’habitants, il n’y avait ni prison, ni chômage. Toute personne en âge de travailler, travaillait. Il n’y avait ni insécurité, si on s’en tient aux écrits des écrivains comme l’Allemand Viktor Leo Frobenius et l’Arabe Ibn Batouta.

« Toutes les querelles au sein des gens sont réglées par les vieux. L’ordre apparaît comme une chose évidente, la discipline est si naturelle qu’ont voit naître rarement des disputes graves. Les mauvais caractères sont tenus en respect par la volonté de la communauté qui ne manque pas d’humour », écrit Leo Frobenius.

Le jeune président panafricain s’est ainsi inspiré de l’Afrique qui gagnait, celle dont la vie n’a rien à voir avec l’Afrique actuelle, balkanisée et où les programmes et projets étatiques sont taillés sur la mesure occidentale.

Cette réforme est une transformation radicale et inspirante qui garantit à la fois la réhabilitation des prisonniers, le développement agricole et la justice réparatrice. Dans le nouveau code pénal, il sera écrit noir sur blanc qu’un mois de travail d’un détenu dans un champ équivaut à une réduction de peine de 3 mois.

Concrètement, des compétences agricoles sont transmises aux détenus et le Burkina Faso est le grand gagnant de cette réforme puisque le pays bénéficiera d’une augmentation significative de sa production, les terres cultivées étant plus grandes et les personnes travaillant la terre devenant de plus en plus nombreuses. La réforme réduit aussi les coûts liés à l’incarcération pour l’Etat et lui garantit que les personnes qui sortent des prisons ne deviendront pas des récidivistes. Bref, à terme, les prisons vont se vider et les infractions vont s’amoindrir.

Cette réforme offre aux détenus une grande chance de réintégration dans la société burkinabè, puisqu’en prison, ils ont acquis des compétences dans le secteur agricole. Mieux, c’est le secteur agricole du pays qui se retrouve requinqué. Les détenus cultivent du blé, du maïs, du riz et des légumes tout en recevant des formations en techniques agricoles.

 

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