Entretien des véhicules : premier rempart contre l’accident

Ce ne sont pas toujours les excès de vitesse, l’alcool ou les erreurs humaines qui causent les pires drames sur nos routes. Parfois, le danger se cache sous un capot négligé, dans une courroie ignorée, ou au creux d’un frein usé. L’état mécanique des véhicules, pourtant élément fondamental de la sécurité routière, reste l’un des angles morts du débat public au Togo et dans bien d’autres pays africains. Chaque moteur qui gronde, chaque pneu qui fend le bitume porte une responsabilité : celle de transporter des vies en toute sécurité. Pourtant, combien de véhicules circulent aujourd’hui sans avoir connu un entretien digne de ce nom depuis des mois, voire des années ? Le contrôle technique est devenu, pour certains, une formalité à esquiver plutôt qu’un outil de prévention. Et les conséquences sont là, implacables, désastreuses. L’accident évité ne fait jamais la une des journaux. Pourtant, il e effectué à temps.

En Afrique, alors que le taux de mortalité routière reste très élevé estimé à 19,6 décès pour 100 000 habitants sur le continent en 2021.

Un véhicule mal entretenu, que ce soit un pneu lisse, un frein grippé, un phare défectueux ou un liquide moteur négligé, peut se transformer en bombe à retardement.

Et maintenant, que faire ?

Face à ce défi de sécurité publique, la responsabilité est collective. Elle commence au niveau individuel, avec chaque conducteur qu’il soit chauffeur de taxi, transporteur de marchandises, conducteur de moto ou simple automobiliste. Un changement de mentalité s’impose : considérer l’entretien du véhicule non comme une charge, mais comme un investissement pour sa propre vie et celle des autres. Non comme une perte de temps mais comme une nécessité. Se rendre compte qu’utiliser ne serait qu’une heure de temps chaque matin pour vérifier l’état de son engin en vaut la peine et est mieux que de passer 5 heures renversés sur la route ou deux mois à l’hôpital pour se faire soigner à des prix exagérant. L’entretien de nos véhicules doit nous faire penser à des vies sauvées, à nos familles, mais également à notre bien être.

La rigueur de l’État 

  • Le renforcement des contrôles techniques, avec un suivi rigoureux, transparent et décentralisé pour couvrir toutes les régions.
  • La régulation des garages et mécaniciens, en labellisant les professionnels compétents pour éviter les réparations hasardeuses.
  • Des campagnes de sensibilisation continues, ciblant particulièrement les conducteurs de taxis, de motos et de véhicules de transport en commun ou personnel, qui sont les plus exposés.
  • Des incitations fiscales ou subventions, permettant aux plus modestes de bénéficier de pièces de rechange ou de révisions à coût réduit.
  • Il est aussi temps de moderniser le cadre réglementaire, en imposant par exemple un carnet d’entretien obligatoire pour chaque véhicule en circulation, et en sanctionnant les cas de négligence grave.

Mais au-delà des textes et des actions ponctuelles, c’est une culture de la prévention routière qu’il faut bâtir. Une culture qui valorise l’anticipation, la responsabilité et le respect de la vie humaine.

Jérémie HENEKOU

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