Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a lancé un avertissement fort à l’Union européenne lors d’un entretien accordé à Politico en ce début d’année. Il a appelé l’Europe à « se réveiller » et à « se réarmer », estimant que le continent ne pouvait plus se permettre de rester passif dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu. Critiquant ouvertement la posture de Donald Trump , le président des USA , De Wever a mis en garde contre une dépendance excessive de l’Europe vis-à-vis des États-Unis. Selon lui, l’absence d’une véritable autonomie stratégique pourrait exposer l’Union à des pressions majeures. « Donald Trump peut faire de nous des esclaves », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité pour les européens de renforcer leurs capacités militaires et politiques.
À travers ces déclarations, le chef du gouvernement belge plaide pour une Europe plus forte, capable de défendre seule ses intérêts et de peser dans le nouvel ordre mondial qui se dessine.
Notons que ces derniers jours, les relations entre les États-Unis et plusieurs pays européens, deviennent de plus en plus tendues. Au cœur de cette crispation figure la volonté affichée du président américain Donald Trump de reprendre le contrôle du Groenland, territoire autonome danois situé dans l’Arctique. Cette démarche a été qualifiée par de nombreux dirigeants européens de « nouveau colonialisme », entraînant un tollé diplomatique et un risque de rupture des pratiques habituelles de coopération au sein de l’Alliance transatlantique. Plusieurs dirigeants de l’Union européenne ont publiquement critiqué la stratégie américaine. Le président français Emmanuel Macron quand à lui la dénonce d’une « agressivité inutile ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a évoqué l’importance de respecter les accords commerciaux existants.
Le Premier ministre belge Bart De Wever a décrit la situation comme un « point de rupture » pour l’Europe, estimant que les nombreuses lignes rouges franchies par Donald Trump, notamment avec les menaces de sanctions tarifaires et de prise de contrôle de territoires alliés, nécessitent une réponse ferme. Il considère que l’Europe doit désormais affirmer clairement ses propres intérêts et ne plus se contenter d’une posture conciliante.
Cette tension s’inscrit dans un contexte plus large de divergences entre l’UE et Washington sur plusieurs dossiers géopolitiques. Par exemple, De Wever avait déjà noté que l’UE et les États-Unis ne partageaient plus toujours la même vision concernant le soutien à l’Ukraine dans sa défense contre l’agression russe, soulignant la nécessité pour l’Europe de développer davantage sa propre autonomie stratégique.
Jérémie HENEKOU

