Gabon : Les réseaux sociaux suspendus jusqu’à nouvel ordre

La République Gabonaise vient de suspendre  l’accès aux réseaux sociaux “jusqu’à nouvel ordre” sur l’ensemble du territoire national. Cette décision a été rendue publique par la Haute Autorité de la Communication (HAC), le régulateur médiatique du pays, et lue à la télévision publique Gabon 1ère par son porte-parole, Jean-Claude Mendome.

Selon le communiqué officiel, cette décision s’applique immédiatement et s’étend à toutes les plateformes numériques de type réseaux sociaux, sans que la liste des plateformes spécifiques bloquées ne soit précisée. Les réseaux les plus utilisés au Gabon, comme Facebook, WhatsApp et TikTok, sont donc impactés, rendant leur accès difficile ou impossible sur le réseau mobile et fixe.

 

Le régulateur affirme avoir constaté une diffusion récurrente et massive de contenus jugés diffamatoires, haineux, insultants ou injurieux sur les réseaux sociaux. Ces publications seraient, selon lui, susceptibles d’attiser des tensions sociales et d’affaiblir la cohésion nationale. La HAC cible aussi la circulation rapide de rumeurs ou de fausses nouvelles  un phénomène que les autorités considèrent comme capable de déstabiliser l’ordre public et de semer la confusion dans l’opinion publique. L’autorité pointe un essor du cyber harcèlement coordonné, ainsi que la divulgation non autorisée de données personnelles, deux comportements qu’elle juge dangereux pour les citoyens et la sécurité numérique. Dans ses déclarations, la HAC affirme que ces contenus numériques pourraient porter atteinte à la stabilité des institutions de la République, à la dignité humaine, à la cohésion sociale, et même à la sécurité nationale.

La haute autorité de la communication fait référence au Code de la communication de 2016, qui régit entre autres les médias traditionnels, les plateformes numériques et les obligations de modération de contenu. Selon elle, les contenus diffusés actuellement violeraient ce cadre légal, justifiant l’interruption temporaire de l’accès en vertu de ce texte.

Jérémie HENEKOU

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