Réuni le 11 mars sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, le Conseil des ministres a examiné plusieurs dossiers majeurs liés à la gouvernance et à la sécurité nationale. À l’issue de cette rencontre, deux décrets ont été adoptés et quatre communications présentées. Parmi les textes adoptés figurent notamment la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire, ainsi que l’approbation du Plan national d’attribution des bandes de fréquences radioélectriques (PNAF), un outil stratégique pour la gestion du spectre numérique. S’agissant des communications, le gouvernement a successivement abordé la quatrième enquête démographique et de santé, la finalisation de la transformation de la société d’administration de la zone franche en Agence de promotion des investissements et de la zone franche, ainsi que la poursuite des réformes foncières visant à améliorer la productivité agricole.
Mais c’est surtout la dernière communication, consacrée aux cas d’enlèvements présumés et de disparitions inquiétantes, qui a retenu l’attention.
Présentée par le ministre de la sécurité et de la protection civile, le colonel Calixte Batossie Madjoulba, elle intervient dans un contexte marqué par une forte inquiétude au sein de la population.
Depuis plusieurs mois, de nombreux signalements relayés, notamment sur les réseaux sociaux, font état de disparitions touchant en particulier des enfants et des adolescents, suscitant émotion et psychose dans l’opinion publique. Face à cette situation, le gouvernement a mis en place, le 24 janvier 2026, une commission spéciale d’enquête chargée de faire la lumière sur ces cas. Les conclusions des travaux de cette commission apportent des éléments de clarification. Sur un total de 102 cas signalés, 86 personnes ont été retrouvées, dont 63 mineurs et 23 adultes. À ce jour, 16 personnes restent activement recherchées. Les investigations révèlent que la majorité des disparitions sont liées à des conflits familiaux, des départs volontaires ou encore à des situations de vulnérabilité et de négligence. Un seul cas d’enlèvement présumé fait actuellement l’objet d’investigations approfondies.
Dans une dynamique de prévention et de renforcement du dispositif sécuritaire, plusieurs mesures ont été annoncées. Il s’agit notamment de la mise en place d’une base de données nationale des personnes disparues, du renforcement des patrouilles de sécurité et du contrôle des mouvements migratoires, ainsi que de campagnes de sensibilisation à l’endroit des populations, en particulier des jeunes, sur les dangers des illusions de gains faciles. Le gouvernement prévoit également de moderniser le laboratoire de criminalistique numérique afin de mieux lutter contre la désinformation.
Les autorités appellent ainsi la population à une vigilance collective, encourage le dialogue au sein des familles et invitent les citoyens à collaborer étroitement avec les forces de sécurité. L’objectif affiché est clair : renforcer la protection des populations et prévenir toute forme de vulnérabilité sociale.
Jérémie HENEKOU

