Macky Sall candidat au poste de secrétaire général de l’ONU : enjeux et perspectives

« Mon objectif stratégique consiste à travailler en étroite collaboration avec les Etats membres de l’ organisation pour aider à restaurer la confiance dans le multilatéralisme par la sauvegarde de son unité , de sa capacité d’action, son autorité morale , sa crédibilité et son efficacité [ … ]  Je souhaite œuvrer pour une ONU qui assure la paix et la sécurité , utilise ses ressources avec sagesse , produit des résultats que les gouvernements peuvent défense devant leurs citoyens » ce sont les messages phares que comporte la lettre qui accompagne la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de L’ Organisation des nations unies en abrégé ONU.

Après 12 ans à la tête du Sénégal et président de l’Union africaine en 2022, l’ex président du pays de la Terangua vise maintenant l’acmé de la diplomatie internationale. Macky Sall veut  supplanter António Gutererres dont le mandat prend fin le 31 décembre prochain.

C’est apparemment une très bonne nouvelle qu’après Boutros Boutros Ghali d’Égypte, Koffi Anane du Ghana, un troisième africain désire relever ce challenge. Mais La candidature de l’ex président Macky Sall n’est pas portée par ses siens, elle est portée par Evariste Ndashimiye, le président du Burundi et actuel chairman de l’Union africaine ; Puisque ce sont les Etats qui portent les candidatures, ce qui n’est malheureusement pas un bon présage. Aussi est-il qu’on ne  triomphe pas à l’ONU d’une manière classique et que ce n’est pas  nous les peuples qui allons voter. Le SG de l’ONU est choisi entre les 5 grandes puissances membres permanents du conseil de sécurité de ladite organisation. L’on aimerait qu’un africain devienne le nouveau secrétaire général de l’ONU et si l’immense majorité des Etats africains pourrait faire des pieds et des mains pour la victoire de Macky Sall, ce serait vraiment hospitalié et extraordinaire et  très avantageux pour notre continent.

Ces derniers jours, les soutiens sont salutaires avec des ex  internationaux footballeurs africains à l’ instar d’ Emmanuel Shéyi  ADEBAYOR du Togo , Alexandre SONG du Cameroun , Yaya Toure de la Côte d’ivoire, El Hadj Diouf du Sénégal et sûrement dans les jours à venir plusieurs personnalités  du football , de la musique , de la mode ou même du  gouvernement mettront la main à la pâte . Car Sénégalais ou pas, c’est l’Afrique qui gagnerait et cette victoire serait une brèche pour maximiser les actions de l’ONU en faveur des Etats africains. En tout cas c’est notre espérance à tous, bien-sûr si les esprits du pouvoir ne dominaient pas le cœur de Macky Sall aussitôt sur le trône.

Mais la véritable problématique qui se pose ici c’est dans son propre pays où après son règne, les réputations ne sont pas bonnes. Il serait qualifié de  » Sanguinaire »  »  de « diviseur » ou même d’assassin : les médias Sénégalais en disent de très profond sur ses actions ce qui ne serait malheureusement pas un booster de sa candidature.

Sur les réseaux sociaux, les compatriotes parlent crue.

Dans l’article titré « Violences au Sénégal de 2021 à 2024: 65 morts, dont 51 jeunes tués par balles»

Publié le 04 mars 2025 par Voxafrica, l’ex président serait convoqué en justice suite à une  contestation qui aurait été menée par l’opposant d’alors et actuel Premier ministre Ousmane Sonko contre le président Macky Sall (2021-2024). Le média Jeune Afrique parlait de manifestations “durement réprimées par le pouvoir”

Jusqu’à ce jour, des plaintes évoquent toujours des accusations de “meurtre” à l’ égard de l’ex président sénégalais. À cette étape même des témoignages de familles et des jérémiades remontent en surface

Dans ce contexte, la question de l’image internationale de Macky Sall apparaît comme un élément central de l’analyse. Au-delà des controverses internes, l’ancien chef d’État sénégalais bénéficie d’un capital diplomatique non négligeable acquis au fil de ses responsabilités continentales et internationales.

Son passage à la tête de l’Union africaine en 2022 a notamment été marqué par un plaidoyer en faveur d’un accès plus équitable des pays africains aux instruments financiers internationaux, en particulier les droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, dans le contexte de la crise liée à la pandémie de Covid-19. Même si ça semble ne pas être nouveau , puisque tous ceux qui convoitent ce poste font de discours semblables , il faut noter que Macky Sall  s’est aussi positionné comme l’un des défenseurs d’une réforme de la gouvernance mondiale, appelant à une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies.

Sur le plan diplomatique, Macky Sall a également joué un rôle de facilitateur dans les échanges liés au conflit entre la Russie et l’Ukraine, s’inscrivant dans une ligne de neutralité portée par plusieurs États africains. Cette posture, axée sur l’équilibre et le dialogue, a contribué à renforcer son image d’acteur engagé dans la gestion des crises internationales.

Par ailleurs, son implication dans les enjeux globaux s’est poursuivie après son départ du pouvoir. Désigné envoyé spécial du Pacte de Paris pour les peuples et la planète, il a également pris la tête du Global Center on Adaptation, basé aux Pays-Bas, confirmant ainsi son positionnement sur les questions liées à l’adaptation au changement climatique et au développement durable.

Ainsi, entre expérience diplomatique, engagements internationaux et controverses nationales, le profil de Macky Sall reflète les complexités d’une candidature à la tête de l’ONU. Sa capacité à fédérer, à rassurer et à incarner un leadership consensuel sur la scène mondiale constituera, sans doute, l’un des principaux déterminants de la suite du processus.

Alors faut-il soutenir un candidat africain à tout prix pour représenter le continent, ou exiger avant tout un profil irréprochable, quel qu’il soit ?

Jérémie HENEKOU

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *