Au terme d’un scrutin marqué par un taux de participation de 58,75 %, contre 50,63 % en 2021, et une dynamique d’adhésion politique inédite, Romuald Wadagni s’impose largement à la présidentielle de 2026 avec 94,05 % des suffrages. Porté par une coalition élargie, des ralliements venus de l’opposition et une forte mobilisation dans les zones rurales, le ministre des Finances devenu président incarne une recomposition politique majeure, capable de fédérer la classe politique et d’entraîner une véritable union nationale.
La Commission électorale nationale autonome (CENA) a proclamé le 13 avril 2026 les résultats provisoires de l’élection présidentielle. Le duo formé par Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata s’impose largement avec 4 252 347 voix, soit 94,05 % des suffrages exprimés, face à l’opposition conduite par Paul Hounkpe et Rock Judicaël Hounwanou. Les résultats, établis sur 90,55 % des bureaux de vote dépouillés, ont été transmis à la Cour constitutionnelle pour validation définitive.
« Si le futur président peut transformer Djougou comme ça… »
Le taux de participation a été porté par une forte mobilisation dans les zones rurales et les territoires de l’intérieur du pays. Dans ces zones, le vote apparaît comme une réponse directe aux transformations économiques observées dans certaines villes et à l’espoir d’une extension de ces dynamiques à l’ensemble du territoire.
Sur le terrain, cette lecture du développement nourrit l’engagement électoral. Idrissou Tchaou, étudiant à l’Université d’Abomey-Calavi, originaire de Djougou, rencontré à Cotonou, en témoigne : « Quand je suis arrivé à Cotonou, l’année dernière pour mes études, j’ai mieux compris ce que le développement change concrètement.» Il évoque la zone industrielle de Glodjigbè qui emploie des milliers de jeunes Béninois, Ouidah qui attire les touristes lors des Vodun Days, ou encore Porto-Novo et le Festival des Masques, avant d’ajouter : « Quand j’ai montré la différence entre Djougou et ces villes à mes parents, ils ont dit : si le futur président peut aussi transformer Djougou comme ça, on ira voter dimanche. Et c’est ce qu’ils ont fait. »
Une union politique inédite autour de Romuald Wadagni
La victoire de Romuald Wadagni s’inscrit dans une recomposition politique d’ampleur, marquée par une logique d’union nationale.
Soutenu par la majorité présidentielle, il a su fédérer au-delà de son camp en ralliant des figures majeures de l’opposition, dont Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti Les Démocrates, et Éric Houndété, vice-président du même parti. Le ralliement de Chabi Georges Nadjim Yayi, fils de l’ancien président Thomas Boni Yayi, ainsi que le soutien affiché de l’ancien chef de l’État Nicéphore Soglo, présent à son dernier grand meeting, illustrent un rassemblement politique dépassant les clivages et les générations, consolidant une large coalition autour de sa candidature.
Fait politique majeur, Romuald Wadagni faisait son entrée directe dans l’arène électorale sans aucun mandat électif préalable. Jamais élu, sans parcours d’élu local ou national, il a pourtant transformé ce baptême du feu en atout, incarnant en quelques semaines un leadership d’agrégation au point d’être décrit comme un véritable « animal politique », capable de fédérer des sensibilités opposées et de structurer une offre électorale solide.
Ce capital politique s’appuie aussi sur son parcours institutionnel : ancien ministre des Finances, il s’est forgé une réputation dépassant les frontières nationales, reconnu par ses pairs africains comme l’un des meilleurs de sa génération, salué pour la rigueur et la modernisation de la gestion des finances publiques.
Vers une gouvernance apaisée
Romuald Wadagni aborde son mandat dans un contexte marqué par un cadre politique apaisé. Cette configuration est perçue comme une transition fluide, propice à une gouvernance stable avec les mains libres. Dans le même esprit, Paul Hounkpe a adressé ses félicitations républicaines dès le 13 avril, avant même la proclamation définitive des résultats, s’inscrivant dans une tradition démocratique béninoise de reconnaissance du verdict des urnes.
Les résultats définitifs restent désormais attendus de la Cour constitutionnelle. Mais ce scrutin apparaît déjà comme celui d’une recomposition politique majeure, marquée par l’émergence d’un technocrate devenu homme politique, la constitution d’une large coalition et une forte mobilisation populaire portée par des attentes territoriales profondes.
Source : https://www.agenceecofin.com/actualites/1404-137526-presidentielle-benin-l-union-sacree-autour-de-romuald-wadagni

