Chaque jour, sur nos routes, des milliers de vies se croisent, se frôlent, s’évitent parfois de justesse et malheureusement, trop souvent, s’entrechoquent. Dans ce ballet incessant d’automobiles, de motos, de piétons et de cyclistes, un simple geste, une décision, une attitude peut faire toute la différence entre la vie et la mort. Et souvent, ce geste, ce n’est pas une manœuvre technique : c’est un choix humain. Celui de laisser passer, d’attendre son tour, d’agir avec responsabilité. Celui d’être courtois.
Il ne s’agit pas seulement d’un code de la route, mais d’un code de respect. Sur la route, il ne suffit pas d’avoir son permis : encore faut-il avoir du discernement. L’accident ne vient pas toujours de l’inattention. Il est parfois le fruit de l’orgueil : ce besoin maladif d’avoir raison, de passer en premier, de “montrer” qui est le plus fort, d’insulter l’autre parce qu’il il m’a dépassé, parce qu’il s’est engagé avant moi. Aussi la conduite sur la route devrait – elle être à la loi du premier venu, premier servi ? Non. Ou bien celle selon laquelle la loi du plus fort est toujours la meilleure ? Non plus en réalité. Que je conduise des poids lourds ou que l’autre soit en simple taxi de transport de marchandises, ou sur une moto, la route n’est pas un ring, et le volant n’est pas une arme. Il n’est pas question de la taille de la voiture mais du civisme, celui qui laisse passer l’autre avant lui ne doit pas se sentir humilié mais plus sage, plus grand.
Charmants Citoyen, nous pouvons y arriver
Dans un carrefour, là où la règle est claire, il suffit parfois de lever le pied, de faire un signe, d’attendre trois secondes. Trois secondes qui auraient pu éviter tant de drames. Mais trop souvent, nous préférons accélérer, forcer le passage, intimider même comme si céder la priorité était une faiblesse. Alors qu’en réalité, c’est une preuve de grandeur.
On peut y arriver. Même si les accidents viennent à l’improviste, on peut faire quelque chose. Tout ensemble on peut montrer notre grandeur, notre amour. Les statistiques sont implacables.
Accidents de route, un mal qui nous gangrène au paroxysme
Les accidents de la circulation figurent parmi les premières causes de mortalité, notamment chez les jeunes. Derrière chaque collision, il y a des familles brisées, des rêves fauchés, des souffrances évitables. La maman enceinte dans un taxi prête à accoucher, fait fausse couche ; le bébé perd sa vie, la porteuse de vie endommagée à vie. Et pourtant, les mêmes erreurs se répètent. À qui la faute ? À tous, un peu. À une culture de la vitesse, du “moi d’abord”, de l’impatience.
Mais il n’est pas trop tard. Il est encore possible de construire une route plus sûre, plus humaine. Cela commence par l’éducation, dès l’enfance, par le rappel des règles mais surtout par la transmission des valeurs. Cela se poursuit par l’exemplarité des conducteurs, qui doivent comprendre qu’ils tiennent entre leurs mains plus qu’un volant : ils tiennent la responsabilité de la vie d’autrui.
Quelques valeurs à partager avec amour sur les routes
Respecter les limitations, utiliser ses clignotants, s’arrêter au passage piéton, éviter les coups de klaxon inutiles, céder le passage avec le sourire…autant de gestes simples, mais puissants. Parce qu’au fond, bien conduire, c’est aussi bien se conduire. Sur la route comme dans la vie, la vraie force ne réside pas dans la vitesse, ni dans l’imposition. Elle réside dans la maîtrise de soi, dans l’écoute de l’autre, dans la capacité à partager l’espace. Alors, posons-nous cette question : que voulons-nous laisser derrière nous sur la route ? Des traces de pneus brûlés ou des preuves de civilité ? Des accidents évitables ou des attitudes admirables ? Conduisons prudemment, conduisons humainement. Car au bout de chaque trajet, il y a une maison, un sourire, un être cher qui nous attend.
Jérémie HENEKOU

