Après les élections présidentielles tenues le 12 octobre 2025, le Conseil constitutionnel du Cameroun a officiellement proclamé ce lundi 27 octobre les résultats définitifs du scrutin. Le président sortant Paul Biya, 92 ans et au pouvoir depuis 1982, vient d’être réélu nouveau président du Cameroun et cela pour les 7 prochaines années. Réélu avec 53,66 % des suffrages, il devient ainsi le chef d’Etat le plus vieux du monde, un résultat qui ravive néanmoins d’importantes inquiétudes quant à la stabilité politique, à la légitimité du scrutin et à la capacité de renouvellement de la vie publique au Cameroun. Le 8 ème mandat de Paul BIYA est déjà validé, le trône est repris
Faits marquants de l’élection
À 92 ans, Paul Biya est à ce jour le plus vieux chef d’État en exercice dans le monde, est ce un record ? Un honneur dont l’Afrique devrait être fière ou une honte ? C’est la question qui se pose et qui attire l’attention de plusieurs pays. Le taux de participation est estimé à 57,7 % du corps électoral. Dès lors, Le principal challenger, Issa Tchiroma Bakary, ancien allié du président, revendique la victoire et accuse le régime de fraude et d’intimidation. Il affirme notamment que des tirs ont visé des civils devant son domicile à Garoua. Des heurts entre forces de l’ordre et manifestants ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Douala, faisant au moins quatre morts selon plusieurs sources.
La réélection de Paul Biya s’inscrit dans la continuité d’un régime profondément enraciné. Mais elle expose également le pays à de nouveaux défis : la mobilisation d’une jeunesse qui veut compter, la gestion de mécontentements croissants, et l’urgence d’un dialogue national crédible. Le Cameroun se trouve à la croisée des chemins : poursuivre un pouvoir immuable ou s’engager vers un avenir plus ouvert et plus inclusif.
La victoire semblait écrite pour l’un des dirigeants les plus anciens au monde un chef d’État réélu à environ 70 % depuis de nombreuses élections, et détenteur d’un pouvoir dont les adversaires disent qu’il est verrouillé depuis 43 ans.
Mais le scrutin a finalement été plus serré que prévu. D’après les résultats officiels publiés ce lundi par le Conseil constitutionnel, l’opposant Issa Tchiroma Bakary est arrivé en deuxième position avec 35,19 % des voix. « Il ne s’agissait pas d’une élection : c’était une mascarade orchestrée par une dictature pur et dur », a-t‑il dénoncé, affirmant avoir remporté entre 65 et 70 % des suffrages. « Le peuple camerounais sait que c’est moi qui ai gagné », a‑t‑il ajouté à l’agence de presse AFP.
Il a également signalé deux morts parmi les manifestants regroupés devant son domicile à Garoua, dans le Nord‑Cameroun, et évoqué la présence de « dizaines de snipers postés sur les toits ». Le journaliste de l’agence présent sur place a observé un homme touché par balle, mais l’AFP n’a pu confirmer son décès.
Jérémie HENEKOU

