« Je suis employé domestique, j’ai aussi des droits. Les syndicats me soutiennent ». C’est le message qui interpelle les centrales syndicales du Togo à organiser ce mardi 23 septembre 2025 à Lomé une rencontre de validation du document qui servira de plaidoyer auprès du gouvernement pour la ratification de la loi N° 189 de l’organisation internationale du travail OIT.
La loi N°189 concerne en particulier les travailleurs et travailleuses domestiques et vise à les protéger tout en leur offrant des garanties spécifiques en matière de santé et de sécurité. Tenu précisément au centre d’éducation spirituelle pour l’apostolat des laïcs (CESAL), cette rencontre a pris la forme d’un atelier multi – acteur qui vise à amener le gouvernement à accélérer les procédures nécessaires de ratification de cette convention sur le travail domestique, renforcer le cadre réglementaire et législatif de ce travail, améliorer l’accès des travailleurs et travailleuses domestiques aux services sociaux de base et leurs conditions de vie et de travail.
« Dans le document de la convention N° 189, il y a plusieurs aspects qui sont liés au travail domestique mais l’objectif aussi, c’est que nous appelons les autres acteurs qui travaillent sur ces thématiques de se joindre à nous dans le cas de ce plaidoyer pour que cela aboutisse » a souligné Yati Awoola Baba, porte parole des centrales syndicales du Togo. Il a réitéré en disant que « Ce que nous voudrons de ce plaidoyer est que les autorités saisissent ça pour que la ratification soit effective. »
Pour Dodzi Kwami KPONDZO, « Les interventions étaient principalement sur le paiement de salaire, le respect des droits de ces travailleurs et travailleuses »
Pour rappel, depuis son adoption en 2011, la Convention n° 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) vise à garantir des conditions de travail décentes aux travailleurs et travailleuses domestiques un secteur souvent invisible mais essentiel. Pourtant, le Togo n’a pas encore ratifié ce texte, laissant ces travailleurs en marge d’un cadre juridique protecteur. Dans le contexte local, les centrales syndicales togolaises ont clairement fait face aux failles du secteur domestique : absence de contrat écrit, salaires bien en deçà du minimum légal, non‑déclaration à la sécurité sociale pour une large majorité, et violences physiques ou psychologiques selon des témoignages. Ces constats motivent le plaidoyer : en ratifiant la C.189, l’État togolais pourrait consolider les droits existants, instituer un cadre légal crédible et rehausser son image internationale.
Jérémie HENEKOU

