Le Togo confirme ses avancées en matière de promotion des droits économiques des femmes. Le pays se positionne comme première économie de la CEDEAO et de l’UEMOA, et deuxième à l’échelle africaine, selon les conclusions du rapport « Women, Business and the Law » (Les Femmes, l’Entreprise et le Droit), édition 2026, présenté vendredi à Lomé.
Fruit d’une collaboration entre le gouvernement togolais et le Groupe de la Banque mondiale, ce document met en lumière les réformes juridiques et institutionnelles engagées par le pays en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’accès aux opportunités économiques.
La cérémonie de présentation a été présidée par Sandra Ablamba Johnson, ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil et gouverneur du Togo auprès de la Banque mondiale. Elle a réuni des membres du gouvernement, des députés, des représentants du secteur privé, de la société civile ainsi que le représentant résident de la Banque mondiale au Togo, Antonius Verheijen.
Selon les résultats du rapport, le Togo enregistre un score de 79,33 % au niveau du cadre juridique (WBL 2.0), se classant juste derrière l’île Maurice sur le continent. En ce qui concerne la perception de l’application effective des lois, le pays occupe également la deuxième place en Afrique, avec un score de 64,5 %.
Le rapport relève plusieurs avancées significatives. Il salue notamment le renforcement de la protection des travailleuses contre le licenciement pendant la grossesse et l’allaitement, la prise en charge intégrale du salaire de maternité par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ainsi que l’accès au crédit sans discrimination fondée sur le genre.
Autre élément mis en avant : l’approche innovante du Togo dans la reconnaissance des contributions non monétaires au sein du foyer, de même que les efforts consentis en matière de flexibilité du travail. Ces acquis positionnent le pays parmi les douze nations d’Afrique subsaharienne les plus progressistes sur ces questions.
Malgré ces résultats encourageants, le rapport invite à la prudence. Il souligne que des défis restent à relever, notamment dans le domaine des services de garde d’enfants, de la sécurité des femmes et du renforcement des mécanismes institutionnels d’accompagnement. À ce niveau, le pays affiche un score de 31,95 %.
Pour Sandra Ablamba Johnson, ces performances constituent certes un motif de satisfaction, mais elles ne doivent pas freiner l’élan des réformes. Elle a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts afin de garantir l’effectivité des droits des femmes dans la vie quotidienne et de consolider les dispositifs de soutien existants.
Dans cette dynamique, la ministre a annoncé plusieurs perspectives, notamment le lancement, avant la fin de l’année, de “l’École de la chance” en faveur des filles déscolarisées, ainsi que le renforcement de l’accompagnement des femmes agricultrices à travers le programme SWEDD.
De son côté, le représentant résident de la Banque mondiale au Togo, Antonius Verheijen, a salué la qualité du partenariat entre son institution et les autorités togolaises. Il a également exhorté le secteur privé à jouer pleinement sa partition pour traduire ces avancées juridiques en opportunités économiques concrètes pour les femmes.
À travers ce classement, le Togo consolide son image de pays engagé en faveur de l’inclusion économique et sociale des femmes. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de faire des femmes, qui représentent 51,3 % de la population, de véritables leviers du développement durable.
Jérémie HENEKOU

