MAWU SIKA : le tout nouveau film du togolais Steven AF immortalise la légende des Nana-Benz

Le cinéma togolais devient plus inspiré, plus enraciné et plus audacieux avec MAWU SIKA, le tout nouveau film du réalisateur Steven AF. Officiellement lancé ce mercredi 4 février lors d’une conférence de presse tenue à Lomé, MAWU SIKA, l’ombre d’une légende, est un projet cinématographique du genre dramatique produit par Daayek Production et coproduit par Canal + international. Il  se veut un vibrant hommage aux femmes d’affaires vendeuses de pagnes qui auraient  marqué d’une tache indélébile l’histoire du Togo et l’Afrique. Communément appelées les Nana Benz, ces vendeuses de pagnes sont peints dans ce film comme un modèle de réussite sociale, de femmes vaillantes et battantes.

Dans MAWU SIKA, c’est l’histoire de la fille unique de Da Essi du nom de Mawu Sika, Diplômée de beaux-arts à Paris et promue d’une brillante carrière d’architecte, qui se voit obligé de rentrer à Lomé pour reprendre les affaires de sa mère, une riche commerçante de pagne affaiblie par l’âge et la maladie.

Au Grand marché d’ADAWLATO, Mawu-Sika découvre à ses dépens un cercle d’initiées caractérisé à la fois par la solidarité et l’adversité, les coups bas physiques que mystiques, la dure bataille pour réussir ; c’est l’univers des Nana Benz auréolé d’une certaine hégémonie aussi bien sur le plan social que sur le plan économique et politique. Ayant découvert que Navi Adzo, sa dame de confiance de longues dates, a organisé le vol de ses marchandises et le détournement de ses clientes, Da-Essi décide de l’écarter de ses affaires et d’en confier la gestion exclusive à sa fille Mawu-Sika. Une décision qui ne sera pas du goût de Navi Adzo. Cette dernière brandit des menaces qui vont entrainer pour Da-Essi, une crise cardiaque et précipite sa mort.

Après le décès de Da-Essi, Navi Adzo entre en conflit ouvert avec Mawu-Sika. Car l’héritage laissé par Da-Essi est le seul moyen pour elle de devenir Nana Benz. Elle décide de déstabiliser Mawu-Sika, en lui révélant que toute son existence est construite sur un tissu de mensonges et que Da-Essi n’est pas sa véritable génitrice.

Alors surgissent les fantômes d’un secrets bien gardés. Mawu-Sika doit désormais faire face à cette troublante révélation et épreuves auxquelles elle n’était pas préparée. Pour Navi Adzo, tous les moyens sont bons pour se faire une place dans cette élite sociale.

« Moi j’ai grandi au grand marché et devenir cinéaste, c’est le premier que je devais faire : raconter l’histoire des Nana-Benz. Avec la disparition du patrimoine national, mes enfants ne verront peut-être plus le marché avec ces réalités mais à travers ce film, ils reconnaîtront ces femmes vaillantes qui ont marqué le Togo. Je suis très fier d’avoir emmené jusqu’à ce point ce projet. Aujourd’hui l’objectif est atteint parce que j’ai commencé quelque chose depuis des années ; ça a été très compliqué mais j’ai terminé. » a affirmé Steven AF, de son vrai nom AMOUZOU Follygan Alias, réalisateur  du film MAWU SIKA.

Le film MAWU SIKA sera en avant-première le 21 mars prochain à l’hôtel du 2 février, le 28 mars au grand Rex pour la première et le 19 avril au palais des congrès pour la projection grand public. Pour Steven AF,  montrer que le Togo existe, c’est dire que c’est le pays des Nana- Benz. « Je propose qu’on commence d’ailleurs par enseigner l’histoire des Nana-Benz dans les écoles de commerce. Aujourd’hui le grand marché est rempli par les commerçants nigérians et enseigner l’histoire de ces vendeuses de pagnes c’est immortaliser leur histoire et promouvoir les efforts des femmes togolaises en matière du commerce » a-t-il ajouté.

Jérémie HENEKOU

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