À Atakpamé, trois hommes viennent d’être condamnés à 12 mois de prison, dont 11 avec sursis, pour dénonciation calomnieuse, exposition d’autrui à un risque et violences volontaires. L’affaire remonte au 20 juillet dernier, après des accusations de prétendue disparition de sexe visant plusieurs personnes. La rumeur avait rapidement gagné le terrain, la ville, provoquant des attroupements et exposant les personnes mises en cause à la colère de la foule. Confrontés aux résultats des examens médicaux, qui n’auraient révélé aucune anomalie, les trois plaignants ont finalement reconnu avoir porté de fausses accusations. L’un a présenté ses excuses au tribunal, tandis qu’un autre a reconnu avoir accusé son beau-frère à tort.
Le tribunal, présidé par Koffi Balouki, les a ainsi reconnus coupables des trois infractions retenues contre eux et condamnés chacun à 12 mois d’emprisonnement, dont 11 mois avec sursis. Une peine qui laisse donc un mois ferme à chacun des prévenus. Cette décision intervient alors que l’affaire avait déjà suscité une forte tension dans plusieurs quartiers d’Atakpamé. Entre le 20 et le 29 juillet, trois plaintes similaires avaient été enregistrées : la première contre trois agents de connexion, la deuxième contre un chauffeur et la troisième contre un conducteur de taxi-moto. Au-delà de la condamnation, le tribunal entend ainsi rappeler les conséquences que peuvent entraîner les fausses accusations et les rumeurs lorsqu’elles exposent des personnes innocentes à la vindicte populaire. La justice appelle à ne pas se faire justice soi-même et rappelle que l’établissement des faits relève des autorités compétentes.
Jérémie HENEKOU

